Vendredi 30 mars 2007
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Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de l'interview de l'artiste par Michel Linden.
-ML : Ta rencontre la plus marquante pendant ces vingt années ?- Denis Couchaux : C?est justement celle avec
Roy Andersson, une rencontre à Rouen, à la fois enrichissante et passionnante, qui a prolongé ma vision de son ?uvre cinématographique. Sa filmographie n?est pas abondante. II n?a réalisé que 3 longs métrages et quelques courts et moyens métrages. Il alimente sa maison de production grâce à des films publicitaires qui sont des petits joyaux d?humour glacé. Contrairement à ce qui se passe avec de nombreux cinéastes dont on peut apprécier un film, et rester déçu par le reste de leur carrière, il a développé une ?uvre totalement cohérente, une vision noire et décalée du monde, avec un sens de l?humour absurde qui évoque Kafka et que l?on retrouve aussi bien dans ses films de commande que dans ses recherches personnelles. Avec lui, le cinéma, qui est de plus en plus une industrie des loisirs, redevient véritablement un art.
Son dernier film, «
Chansons du 2ème étage » a obtenu le prix spécial du jury à Cannes il y a maintenant 6 ans et j?attends avec impatience son nouveau projet, sur lequel il est, paraît-il, en train de travailler.
30 mars 2007
Michel Linden
© Denis Couchaux
Par MLinden
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Vendredi 30 mars 2007
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Samedi 24,
Peter Von Bagh était sur le stand de la librairie La Renaissance pour parler de son livre sur Aki Kaurismäki.
Photo Patrick Marchal
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Vendredi 30 mars 2007
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Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Sur les documentaires que tu as visionnés et qui retiennent ton attention il y a des temps forts sur ces vingt ans ?
- Denis Couchaux : Oui, je me souviens de la découverte de l’œuvre de la documentariste finlandaise Pirjo Honkasalo, des « Sept chants de la Toundra » de Markku Leehmuskallio et Anastasia Lapsui, des films de Jørgen Leth, de la « Chronique coloniale » de Vincent Monnikendam, et de quelques autres dont je n’ai plus les noms en mémoire. Chaque fois, il ne s’agit pas de simples constats documentaires, mais de véritables œuvres d’art qui peuvent évoquer l’essai philosophique dans le cas de J. Leth, ou la réflexion ethnologique dans celui de M. Leehmuskallio et A. Lapsui, mais sont toujours de somptueux morceaux de cinéma. Cette année, il ne faut pas rater « Five obstructions » de Jørgen Leth et Lars von Trier, un jeu passionnant sur la contrainte et la créativité.
En ce qui concerne la fiction, je retiens un grand réalisateur qui m’a marqué, Roy Andersson, dont le film « Une histoire d’amour suédoise » est re-projeté cette année. Il reste un des derniers grands cinéastes nordiques en activité et on regrette qu’il tourne aussi peu de films. Mais il ne faut pas oublier non plus les Pays Baltes, associés dès les premières années au Festival. Le passage à l’économie de marché a laminé leur production cinématographique et c’est d’autant plus regrettable que leurs cinéastes avaient souvent beaucoup de talent et une maîtrise formelle extraordinaire apprise à l’Ecole de cinéma de Leningrad. Sharunas Bartas est l’un des héritiers de Tarkovski…
29 mars 2007
Michel Linden
© Denis Couchaux
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Mercredi 28 mars 2007
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Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Ta présence permanente sur le festival depuis vingt ans fait de toi un témoin privilégié ; alors quelle évolution constates-tu dans cette manifestation ?
- Denis Couchaux : J’ai la chance que le travail de graphiste du Festival se termine au moment où commence la manifestation, ce qui me permet d’assister aux séances et rencontres. Depuis 20 ans, j’ai vu beaucoup de films et cela m’a permis de me faire une certaine idée des pays nordiques où je ne suis jamais allé. La société est très présente dans leur cinéma et cela nous permet de constater la réelle diversité de pays, voire de régions, que nous rassemblons un peu vite sous une étiquette commune de nordique.
Je constate également, en vingt ans de projections, une évolution du cinéma qui n’est d’ailleurs pas spécifique aux pays du Nord. Il s’agit d’une sorte de standardisation du langage cinématographique avec de moins en moins d’audace de la part des réalisateurs. C’est particulièrement vrai pour les fictions et, pour moi, aujourd’hui, la vraie création cinématographique se réfugie surtout dans des films que l’on classe dans le genre documentaire. Non seulement, on y trouve des formes plus inventives, mais ils sont souvent porteurs d’une puissance « fictionnelle » qui semble avoir déserté les fictions proprement dites.
28 février 2007
Michel Linden
© Denis Couchaux
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Mardi 27 mars 2007
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14:33
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Denis, pourrais-tu nous dire pourquoi, par exemple, cette image n’a pas été retenue en 2003 ?
- Denis Couchaux : Cette Ophélie nordique était trop tragique, l’ambiance trop lourde… La règle du jeu lorsque l’on fait une affiche, c’est d’être – d’une façon ou d’une autre – positif. En cela, le discours de la communication présente bien des similitudes avec la propagande politique. Le cinéma nordique n’a pas la réputation d’être très gai, l’affiche doit donc éviter d’en rajouter dans ce sens et sélectionner les éléments qui peuvent séduire le futur public – lumière, chaleur, intensité, par exemple. Mais a contrario, mes quelques projets qui introduisaient des éléments humoristiques n’ont pas été retenus non plus. C’est peut-être que je n’étais pas capable de les rendre assez convaincants…
Il est également arrivé qu’une affiche ne soit pas retenue parce qu’elle faisait trop référence à un film particulier. Le festival présente une centaine de films chaque année et l’affiche se doit de refléter cette diversité.
Au fil des années les organisateurs se sont probablement forgés une idée de ce qu’est leur image, même si ce n’est pas explicitement formulé, et ils attendent que cet univers spécifique se retrouve dans chaque nouvelle affiche ; ceci peut aussi expliquer pourquoi ils ont gardé le même graphiste depuis vingt ans.
27 mars 2007, Michel Linden
© Denis Couchaux
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