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Ca se passe sur la librairie du Festival :

Pendant le Festival, lectures et débats autour de la littérature nordique

Ce lundi 10 mars, la lecture d'un racontar de Jorn Riel à 19 heures a été annulée à cause de la tempête qui souffle sur l'Ouest. On craint la chute d'un clocheton de la cathédrale. Le Festival, c'est risqué.

Ce mardi 11 mars si tout va mieux, Jean Malaurie vient participer au Festival et présenter le documentaire tiré de son ouvrage de référence pour la collection Terre Humaine, "les derniers rois de Thulé".

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Vendredi 30 mars 2007
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de  l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Sur les documentaires que tu as visionnés et qui retiennent ton attention il y a des temps forts sur ces vingt ans ?
- Denis Couchaux : Oui, je me souviens de la découverte de l’œuvre de la documentariste finlandaise Pirjo Honkasalo, des « Sept chants de la Toundra » de Markku Leehmuskallio et Anastasia Lapsui, des films de Jørgen Leth, de la « Chronique coloniale » de Vincent Monnikendam, et de quelques autres dont je n’ai plus les noms en mémoire. Chaque fois, il ne s’agit pas de simples constats documentaires, mais de véritables œuvres d’art qui peuvent évoquer l’essai philosophique dans le cas de J. Leth, ou la réflexion ethnologique dans celui de M. Leehmuskallio et A. Lapsui, mais sont toujours de somptueux morceaux de cinéma. Cette année, il ne faut pas rater « Five obstructions » de Jørgen Leth et Lars von Trier, un jeu passionnant sur la contrainte et la créativité.
En ce qui concerne la fiction, je retiens un grand réalisateur qui m’a marqué, Roy Andersson, dont le film « Une histoire d’amour suédoise » est re-projeté cette année. Il reste un des derniers grands cinéastes nordiques en activité et on regrette qu’il tourne aussi peu de films. Mais il ne faut pas oublier non plus les Pays Baltes, associés dès les premières années au Festival. Le passage à l’économie de marché a laminé leur production cinématographique et c’est d’autant plus regrettable que leurs cinéastes avaient souvent beaucoup de talent et une maîtrise formelle extraordinaire apprise à l’Ecole de cinéma de Leningrad. Sharunas Bartas est l’un des héritiers de Tarkovski…

29 mars 2007
Michel Linden

© Denis Couchaux
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Mercredi 28 mars 2007
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de  l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Ta présence permanente sur le festival depuis vingt ans fait de toi un témoin privilégié ; alors quelle évolution constates-tu dans cette manifestation ?

- Denis Couchaux : J’ai la chance que le travail de graphiste du Festival se termine au moment où commence la manifestation, ce qui me permet d’assister aux séances et rencontres. Depuis 20 ans, j’ai vu beaucoup de films et cela m’a permis de me faire une certaine idée des pays nordiques où je ne suis jamais allé. La société est très présente dans leur cinéma et cela nous permet de constater la réelle diversité de pays, voire de régions, que nous rassemblons un peu vite sous une étiquette commune de nordique.
Je constate également, en vingt ans de projections, une évolution du cinéma qui n’est d’ailleurs pas spécifique aux pays du Nord. Il s’agit d’une sorte de standardisation du langage cinématographique avec de moins en moins d’audace de la part des réalisateurs. C’est particulièrement vrai pour les fictions et, pour moi, aujourd’hui, la vraie création cinématographique se réfugie surtout dans des films que l’on classe dans le genre documentaire. Non seulement, on y trouve des formes plus inventives, mais ils sont souvent porteurs d’une puissance « fictionnelle » qui semble avoir déserté les fictions proprement dites.

28 février 2007
Michel Linden

© Denis Couchaux
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Mardi 27 mars 2007
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de  l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML : Denis, pourrais-tu nous dire pourquoi, par exemple, cette image n’a pas été retenue en 2003 ?
- Denis Couchaux : Cette Ophélie nordique était trop tragique, l’ambiance trop lourde… La règle du jeu lorsque l’on fait une affiche, c’est d’être – d’une façon ou d’une autre – positif. En cela, le discours de la communication présente bien des similitudes avec la propagande politique. Le cinéma nordique n’a pas la réputation d’être très gai, l’affiche doit donc éviter d’en rajouter dans ce sens et sélectionner les éléments qui peuvent séduire le futur public – lumière, chaleur, intensité, par exemple. Mais a contrario, mes quelques projets qui introduisaient des éléments humoristiques n’ont pas été retenus non plus. C’est peut-être que je n’étais pas capable de les rendre assez convaincants…
Il est également arrivé qu’une affiche ne soit pas retenue parce qu’elle faisait trop référence à un film particulier. Le festival présente une centaine de films chaque année et l’affiche se doit de refléter cette diversité.
Au fil des années les organisateurs se sont probablement forgés une idée de ce qu’est leur image, même si ce n’est pas explicitement formulé, et ils attendent que cet univers spécifique se retrouve dans chaque nouvelle affiche ; ceci peut aussi expliquer pourquoi ils ont gardé le même graphiste depuis vingt ans.
27 mars 2007, Michel Linden

© Denis Couchaux
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Lundi 26 mars 2007
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de  l'interview de l'artiste par Michel Linden.

- ML :Quels sont les critères mis en place par les organisateurs du festival pour choisir une affiche parmi plusieurs maquettes que tu leur proposes ?
- Denis Couchaux : Les critères de sélection des affiches sur vingt ans se sont modifiés au fur et à mesure du temps. Mais dès la première année nous avions essayé, avec l’équipe organisatrice, de définir ce qui serait le plus parlant pour le public au niveau du cinéma nordique. On s’est orienté prioritairement sur des portraits d’actrices parce qu’elles étaient largement connues grâce à leur carrière internationale. Je pense aux visages de Greta Garbo, Ingrid Bergman, Harriet Andersen, Liv Ullmann, Bibi Andersson ; l’affiche de cette année avec le regard d’Ingrid Thulin en est le tout dernier exemple. Nous avions aussi une autre la volonté : celle d’utiliser des couleurs assez chaudes afin d‘éviter à chaque fois les clichés qui consistent à associer le nord au froid et, si j’utilisais des couleurs plus froides comme celles du drapeau de la Suède, le froid du bleu se trouvait compensé par le jaune.

26 mars 2007
Michel Linden

© Denis Couchaux
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Dimanche 25 mars 2007
Depuis 20 ans, Denis Couchaux réalise les affiches du Festival du Cinéma Nordique. Tous les jours un extrait de  l'interview de l'artiste par Michel Linden.

ML : Justement l’évolution des ordinateurs et des logiciels durant ces dernières années a modifié ton travail de graphiste de quelle manière ?
- Denis Couchaux : La vitesse de traitement de l’image permet maintenant de travailler en haute résolution, même les grands formats d’affiche. Et de superposer de multiples calques que l’on peut déplacer, rendre transparent ou fusionner avec des effets imprévus. Il n’y a plus besoin de préparer de crayonnés qu’il faut ensuite exécuter. Dès les premiers essais, on obtient un aspect quasiment définitif. Ce qui permet de retrouver une certaine spontanéité : on scanne des images, des textures, on introduit du texte, on pioche dans des banques d’images et l’on peut jouer avec ces différents éléments, improviser, mettre à profit l’heureux hasard des rencontres improbables.

25 mars 2007
Michel Linden

© Denis Couchaux
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